Titres

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Le Voyage Lentement Paix
     
 Inconscience Destinée Mort
     
Maya Homme Remords
Toi ! Solitude Jour !
Jours de Printemps L'amant ! Terre!
Pensées! Rêver! Il y a longtemps
Froid Amour Dormir
Moi Travailler Paroles
Devons-nous Penser Saison

 
               

                


Oeuvres

 Le voyage

Elle était née,
Petite et frêle,
Parmi ses soeurs,
Les vagues.

Avait naviguée sur toutes les mers,
Avait accomplie plusieurs tours de terre,
Avait revêtue son manteau d'écume,
Sans s'approcher des lieux humains.

Un beau jour,
Au hasard des voyages,
Elle accosta dans une petite baie,
Envahie par des bateaux.

Sur la plage,
L'hiver l'a surpris,
Avec son manteau de glace,
Son ennuie et sa solitude.

Un beau jour de printemps,
Toute pimpante et coquette,
Elle se retira chez ses soeurs,
Les vagues.

Sel Reiht
1962 
 

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 Lentement

Lentement! dans la nature,
Deux amoureux se promènent,
Lentement! dans la verdure,
Ils se promènent.

Lentement! dans leur bonheur,
Mari et femme s'assemblent,
Lentement! dans une heure,
Ils s'assemblent.

Lentement! dans leur ménage,
Malgré leur âge,
Lentement! sans aucun commérage,
Ils repensent à leur mariage.

Lentement! dans leur vie,
Qui passe vite,
Lentement! l'enfant chéri,
Les quitte.

Lentement! dans leur bonheur,
Tout en s'étreignant,
Lentement! sans une heure,
Ils disparaissent au firmament.

Sel Reiht
1964 

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Paix

Guerre ! qui cause la ruine du monde
ramène ton fléau et disparaît à tout jamais
afin que tous les peuples du monde
oublient ce que tu aimais.

Sang ! que nos parents sont versé
laisse ces contrées sanglantes
pour que tout soit débarrassé
de ces marques blessantes.

Famine ! qui suit après la tempête
oublie un instant d'accomplir ton oeuvre
et laisse à la place un air de fête
qui réjouit le coeur des manoeuvres.

Marée ! qui projète les navires brisés sur la plage
calme ta fureur et retire ton manteau d'écume
afin que les Dieux oublient leur rage
et que tout recommence comme de coutume.

Vent des marins ! guide les vaisseaux
vers l'univers désordonné des hommes
et, pendant que grinchent les créneaux,
l'homme prépare son asile de repos.

Colombe de paix ! étend tes ailes blanches
sur l'univers désordonné des hommes
alors que ceux-ci chantent des louanges
qui reflètent l'espoir de leur âme.

Paix ! mot magique
où l'homme dans son univers
récite une envolée tragique
pour une paix durable et sans travers.

Sel Reiht
1966 

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Inconscience

Bercé ! par le son de ta voix
je t'écris ces quelques lignes
dans l'espoir que ton choix
ne me porte pas maligne.

Cherche ! dans les mots que je t'écris
ce message que tu penses
dicté par ce que tu me cries
alors que j'attend en transes.

Pense ! à ce bonheur qui passe
alors que pour prouver mon amour
je t'écris avec emphase
pour toi qui m'appelles tous les jours.

Rêve ! qu'un seigneur beau comme la nuit
t'écris afin de clamer son amitié
alors que toi devant la lumière qui luit
tu rejètes cette folie dans un geste sans pitié.

Pleure ! ton bonheur perdu
par une chaude nuit d'été
alors que tu n'as rien rendu
à celui que tu avais aimé.

Songe ! que durant toute ta vie
tu as couru après une vérité éphémère
que précédait ton ennuie
dans ce monde qui est notre terre.

Crie ! à l'astre du jour
tout ce que ton âme trouve de beau
pour permettre à chaque tour
de me retrouver à ton niveau.

Crie ! tout ce que le traditionnel
débite sur la beauté du corps humain
alors que toi dans ton journal personnel
inscrit ton horaire du lendemain.

Rit ! de ce bonheur qui passe
pour bien profiter de l'avenir
alors qu'une vie trépasse
tu te rappelles de ce souvenir.

Hurle ! aux vents de l'espace
ta peine devant la lueur du nord
où les gens de ma race
s'enfuient devant toi sans remords.

Espère ! que ce monde sera éternel
devant la beauté de ton âme si pure
alors que s'écroule un rituel
doux à en faire pleure la nature.

Crois ! que durant toute ma vie
je revois ce bonheur pour l'être aimé
que je t'attend chérie
pour nous retrouver durant toute l'éternité.

Sel Reiht
1966 

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Destinée

Pleurez, vous les pauvres gens
Qui sont abandonnés de leur frère
Alors que jadis vous marchiez en rangs
Devant tous les peuples de la terre.

Craignez, qu'un jour vos ennemis
Martyrisent vos familles
Pour le mal commit contre leurs amis
Alors que vous possédiez toutes les villes.

Implorez, pour vos enfants
Un misérable petit bout de pain
Que vous refusiez dans les guerres d'antan
Alors que l'on vous tendait la main.

Rebâtissez, sur ce pays désolé
Tout ce que vous avez détruit
Et en plus, tout ce que vous avez volé
Pour l'étaler devant un peuple éblouit.

Ployez, Vous les descendants d'une race si fière
Qui avec conquis le monde par la force
N'écoutant ni cri ni prière
Disparaissez aujourd'hui attaqué par une ennemi féroce.

Échinez-vous, à payer vos dettes de guerre
Entraînées par vos destructions de matériel
Malgré plusieurs de vos gens descendus en bière
Pour leur dernière apparition devant l'Éternel.

Dormez, gens de ce pays divisé
Par chacune des troupes d'occupation
Alors que vous rêvez d'être débarrassé
Et de vivre dans une seule nation.

Croyez, en des jours meilleurs
Pour votre nation et vos gens
Alors que vous serez débarrassé des  pilleurs
Qui se montrent intransigeants.

Sel Reiht
1966 

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Mort!

Toi! perle oubliée dans les ténèbres
Alors qu'une vie de joie et de peine
Continue la série des jours sombres
Pleurs cette mort qui t'entraîne.

Poussière! que la tombe renferme
À l'abri des bêtises de l'humain
Pour vénérer la création de l'Être suprême
Oublie ce voyage sans lendemain.

Tombe! dernier refuge de l'enfant chéri
Disparu trop vite
Sans avoir connu ni joie ni envie
Cache la hantise de ton vide.

Terre! qui entoure ce cercueil
Pour vêtir la dernière image
Qui frappe comme un écueil
Protège ce garçon qui fut si sage.

Parents! dont le départ tout en larme
Devant cette dernière dépouille de l'enfant adoré
Qui de cette mort fit un drame
Priez pour le repos céleste de ce lieu décoré.

Ombre! qui guide notre destinée
Devant jour et ténèbres
N'oublie pas que jadis tu fus mon frère.

Sel Reiht
1966 

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Maya !

Maya! mot ironique d'illusion
Qu'un homme prononça à un être convoité
Pour l'attirer dans une sorte de passion
Afin de profiter de son corps de jeune beauté.

Maya! mot d'un jeu ignoble
Mêlé de cris et d'orgie
Afin de saisir cette chance
D'une nuit d'amour et de buverie.

Maya! mot de gêne et d'horreur
À la vue d'un corps de déesse dévêtu
Et qui se montre d'instinct sans pudeur
Pour jouir de ce s'est tu.

Maya! mot de lieu de prostitution
Où les filles attendent de riches clients
Avec boisson et manteau de vison
Des sourires et des présents.

Maya! mot ténébreux et sans valeur
Qu'un marin recueillit aux hasards des voyages
Pour s'attirer la terreur
Qu'inspire la nudité de certaines images.

Maya! mot de destiné et de mort
Dont l'action survint chaque soir
Surtout parmi les gens du port
Signe d'un grand désespoir.

Sel Reiht
1966 

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Homme

Pleure! ce triste monde
Qui ne pense qu'à la guerre
Pour détruire dans une même ronde
Tous les peuples de la terre.

Oublie! le mot bonheur
Pour le mot violence
Alors qu'on ne pense qu'au malheur
De notre existence.

Crie! la peine de ton âme
Devant les malheurs de la vie
Qui deviennent un vrai drame
Pour abattre notre survie.

Interroge! ton avenir
Devant les malheurs de l'homme
Car ce qu'il pourrait survenir
Te détruirais en somme.

Calme! ta soif guerrière
Qui t'entraîne à ta perte et à ta faiblesse
Alors qu'il te suffit de revenir en arrière
Pour voir la cause de ta détresse.

Sel Reiht
1966 

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Remords

Oublier ! un moment
Que je suis mélancolique
Pour ne penser souvent
Qu'à un bonheur véridique.

Espérer ! un seul instant
Que je puisse aimer
Alors que bien souvent
Je ne fais que mésestimer.

Craindre ! que dans ma solitude
J'érige un monde de rêve
Alors que par mon attitude
Je divague sans trêve.

Oser ! fuir la société
Pour m'isoler sur une ferme
Alors que comme un révolté
Je crains la femme.

Pleurer ! une vague inspiration
Qui ne me montre que l'impossible
Alors qu'à chaque respiration
Je montre une tête risible.

Sel Reiht
1966 

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Toi !

Toi ! et tes lèvres sublimes
Que le vent, le soir, caresse
Protège-moi des abîmes
Pour te montrer ma tendresse.

Toi ! et tes doux cheveux de soie
Que le vent, le soir, étiole
Protège-moi pour que je vois
Ce que le vent viole.

Toi ! et tes seins vêtus de soie
Que le vent, le soir, dévoile
Protège-moi de toutes joies
Qui te cachent dans ton voile.

Toi ! et tes jambes élancées
Que le vent, le soir, approche
Protège-moi de tes lancées
Pour chasser ce qui accroche.

Toi ! et ton corps de déesse
Que le vent, le soir, dévoile
Protège-moi en vitesse
Pour te retrouver sous ton voile.

Sel Reiht
1966 

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Solitude

La nuit s'étend sur la ville
Les lumières s'éteignent
Les gens dorment en famille
Et, au loin, les bruits se traînent.

Un enfant de haillons vêtus
À l'horizon noir tend sa main
Pour cueillir aux gens revêtus 
La pitance du lendemain.

Sur la route tortueuse
Un homme aux pas hésitants
D'une vie vie quémandeuse
Montre sa main aux charitants.

L'arbre isolé dans le noir
Niche une famille de pauvres
Qui le quittent sans un au revoir
Le laissant pour d'autres apôtres.

Une maison vêtue de noir
Cache les deux squelettes humains
Qui vont chercher dans le soir
De quoi manger les lendemains.

Sel Reiht
1966 

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Jour !

Jour ! de soleil et de pluie
Contraste de chaud et de frais
Comme entre cendre et suie
La plaine et le marais.

Jour ! de froid et jour de chaleur
Comme l'aigle lance son cri
À la nuée délaissée en pleurs
Le vent va poursuivre sa vie.

Jour ! de soleil et jour de torpeur
Comme plaisirs de la plage
L'adolescent d'un air rêveur
Fuit ce monde de rage.

Jour ! de tristesse et jour de pluie
Où le monde dans une maison
Oublie le mauvais temps qui fuit
Sans en avoir nulle raison.

Sel Reiht
1966 

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Jours de Printemps

Soleil radieux
Feuilles éclatantes
Jours pluvieux
Journées fatigantes.

Bourgeons matinaux
Oiseaux écervelés
Jours des rameaux
Enfants embroussaillés.

Rues nettes
Sentiers écartés
Maisons coquettes
Arbustes éparpillés.

Appartements soignés
Ustensiles luisants
Personnes vannées
Fourneaux étincelants.

Verdure croissante
Balcon encombré
Peinture reluisante
Escalier délabrée.

Auto de course
Voiturette d'enfant
Vélo de course
Train triomphant.

Sel Reiht
1966 

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L'amant !

Pour l'amant la vie est belle
Car chaque jour le ciel lui vient
Montrer le visage de celle
Qu'il n'oublie pas lorsqu'elle revient.

Pour qu'il mérite son bonheur
Il doit conquérir la femme
Qui refuse toute faveur
Qu'elle recevrait sans son drame.

Alors que lui dans sa peine
Et dans un moment de colère
Veux tuer celle que le gêne
Pour éloigner sa galère.

Il l'implore pour qu'elle revienne
Mais elle le fuit aux bras d'un autre
Comme un chien sa sa chienne
Dans le firmament de l'astre.

Sel Reiht
1966 

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Terre!

Toi! Terre de l'ancêtre
Qui vit s'élever ce peuple
Lance ton chant qui nous pénètre
Pour se réunir en couple.

Toi! Terre de nos paysans
Protège ce blé qui germe
Pour la cuisson de tous les ans
Et prévoir le prochain terme.

Toi! Terre de nos évadés
Protège ces corps desséchés
Que fleurissent des orchidées
Où la mort les a attachées.

Sel Reiht
1966 
 

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Pensées!

La nuit étend ses voiles sur la ville
Alors qu'avec une chanson
Les gens calment leur trouille
Pendant que les chats hurlent à l'unisson.

Un rossignol offre son chant mélodieux
À celui que veut l'écouter
Alors que dans les cieux
Le firmament commence à flamber.

L'Homme est un être de guerre
Qui commence à devenir dangereux
Lorsqu'il a pris quelques verres de bière
Il devient impossible d'arrêter ses jeux.

L'homme se cherche une compagne
Et puis, selon sa nature
Il parcourt la campagne
À la recherche de sa future.

Il faut croire au bonheur
Sans aucun mot pour le chanter
Alors qu'à chaque heure
On cours pour le retrouver.

Où l'on va
Il y a l'amour
Et, à part de ça
Cela paraît chaque jour.

Sel Reiht
1966 
 

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Rêver!

Rêver! d'une jeunesse passée
À courir après une fausse vie aventureuse
Et qui me fait l'effet d'une traversée
à travers un monde de façade trompeuse.

Songer! aux années d'école
Passées à s'instruire le cerveau
Alors qu'au contraire du rossignol
Nous sommes enfermé dans un caveau.

Espérer! en de bonnes études
Pour conquérir une bonne position
Afin que mes certitudes
Soient placées de contre-façon.

Adorer! rêvasser dans la lecture
Afin de s'évader d'un monde de terreur
Et de cacher un défaut de devanture
Comme un jeune qui a peur de la noirceur.

S'évader!  des maux de chaque jour
Pour ne s'intéresser qu'à une jeune fille
Qui me fuit en retour
D'une promesse de fonder une famille.

S'isoler!  de son prochain
Pour écrire quelques vers
Afin de transmettre au lendemain
Une vérité sans travers.

S'installer! dans une vérité éphémère
Qui m'éloigne du droit chemin
Alors que sur notre terre
On ne parle qu'à coup de parchemin.

Fuir! l'amitié d'une compagne
Qui ne cherche qu'à attire mon attention
Sans que je m'en montre digne
Pour mieux montrer ma trahison.

M'endormir! dans mon inaction
Alors qu'une certaine personne
Croit en ma raison
Qui réuni un tout dans une même somme.

Finir! dans la peau d'un autre
Sans que ma vie ni change rien
Pour illustrer l'exemple d'un pauvre apôtre
Qui se traîne comme un bon à rien.

Sel Reiht
1967 
 

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Il y a longtemps

Il y a longtemps existait un jeune homme
Qui ne vivait que de l'air du temps
Et qui aimait à lire ou à piquer un petit somme
Mais il était seul dans son univers depuis si longtemps.

Il y a longtemps mourrait un petit être
Qui me remplissait de joie et de soleil
Et qui n'était que nul autre que mon frère
Mais jamais je n'oublierai l'amour d'un être pareil.

Il y a longtemps parut une jeune fille
Qui semblait répondre à mon caractère
Et qui disparut à cause d'une lettre inutile
Mais un jour une obsession disparaîtra peut-être.

Il y a longtemps dormait une angoisse cachée
Qui diminuait la valeur de mes écrits
Et qui tendait de m'ensevelir dans une nonchalance non cachée
Mais un espoir cerne un coin de paradis.

Il y a longtemps rayonnait un bonheur illusoire
Qui ne m'apportait que soucis et joies contrariées
Et qui finissait par me laisse seul dans le noir
Mais peut-être eut-il fallu que je sois un de ces salariés.

Il y a longtemps se préparait un complot
Qui cherchait à me tenir dans un cercle fermé
Et qui trouvait le moyen de m'intégrer dans le lot
Mais connaîtrais-je peut-être ma destiné.

Il y a longtemps fuyait dans le rêve un jeune homme
Qui ne pouvait souffrir son milieu familial
Mais qui ne voulait être comme une bête de somme
Pour endurer insultes et colères dans un silence glacial.

Il y a longtemps s'ouvrait un avenir éclatant
Qui voulait grouper notre ardeur
Et qui nous éloignait d'un souvenir d'antan
Mais mon petit ciel s'illumine d'une lueur.

Il y a longtemps finissait une adolescence
Qui ne fut que caprices et malheurs
Et qui se demandait où était ma conscience
Mais jamais je n'eut l'âme d'un tueur.

Il y a longtemps étincelait une étoile, une planète
Qui guidait chacun de mes pas
Et qui animait ma pauvre silhouette
Mais un jour, peut-être, je n'en ferai plus cas.

Il y a longtemps se couchait un dernier remords
Qui terminait un malheur passé
Et qui me montra quel fut mon tords
Mais, peut-être, je ne serai plus qu'un trépassé.

Sel Reiht
1966 
 

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Froid

Froid qui nous isole l'un de l'autre
Et qui nous enferme dans un coin
Pour nous faire oublier que je t'aime, toi mon autre
Mais pourquoi aller si loin?

Froid qui nous éloigne de la belle saison
Et qui nous paralyse dans nos paroles
Pour nous faire regretter une maison
Qui demeure l'un de nos plus beaux symboles.

Froid qui nous empêche de sortir
Et qui nous glace jusqu'au sang
Pour nous faire souffrir le martyr
Alors qu'on veut souffler un instant.

Froid qui nous rappel que c'est l'hiver
Et qui nous entoure de neige et de glace
Pour nous faire oublier le vert
Que l'été nous a présenté comme devant une glace.

Froid qui nous rappel un passé
Et qui nous prend comme dans un étau
Pour nous faire dire qu'on en a assez
Mais où est donc la plage avec son eau?

Sel Reiht
1967 
 

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Amour

Une nuit sans étoile
Alors que dans le ciel tout noir
L'amour étend ses innombrables voiles
Pour attirer un amant d'un soir.

Mais où es-tu avec ton corps si beau
Qui nous endors dans l'oublie
Et que dans ton sein nouveau
Tu nous racontes ta vie.

Peut-être reverras-tu ton jeune Dieu
Ou bien finiras-tu par m'aimer
Mais moi je ne crois pas en ton adieu
Et je n'attend que toi, mon adoré!

Dis-moi à quoi penser
Alors que tu ruisselles de lumières
Et que je ne cesse de me tracasser
Pour des oui ou des peut-êtres.

Adieu mon adoré d'un soir
Oublie-moi car tout est fini
Et alors que tout redevient noir
Tu tentes ta chance à l'infini.

Viens le jour où tu m'oublieras
Pour en aimer un autre que moi
Pendant que je serai si loin là-bas
Tu te créeras un nouveau roi.

Une nuit sans étoiles
Cache un être tout en pleurs
Qui, pendant que l'amour étend ses voiles
Oublie la senteur qui se dégage des fleurs.

Sel Reiht
1967 
 

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Dormir

Dormir dans une drôle de solitude
Qui te fais fuir loin de moi
Pour ne pas satisfaire toute ta certitude
Du pauvre type qui se dégage de moi.

Dormir pour oublier que l'on vit
Et que, ne pouvant souffrir d'attente
Je fasse fuir mes meilleurs amis
Qui ne peuvent me comprendre.

Dormir parce que l'on est lâche
Et que je ne puisse rien espérer
Alors qu'en moi tout se relâche
Et que je vis comme un emmuré.

Dormir pour partir loin
De tout tracas
Tout en prenant soin
De ne pas en faire de cas.

Dormir pour oublier que je t'ai aimé
Alors que nous étions en pleine jeunesse
Et que je t'ai peut-être aussi adoré
Mais où est donc toute ma liesse?

Dormir pour ne rien faire
Pendant que je ruine ma santé
à ne rien parfaire
Peut-être que j'ai fini de danser?

Sel Reiht
1967 
 

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Moi

Moi qui suis si seul
Moi qui ne pense à rien
Moi qui ne veut que toi seul
Moi qui rêve que tout n'a pas de fin.

Moi je vous le dis
Il ne faut pas vivre en solitaire
Malgré tout ce que l'on vous dédie
Car il faut toujours être deux sur cette terre.

Moi que personne ne regrette
Moi qui oublie tout
Moi qui ne suis qu'une bête
Moi qui suis un peu partout.

Moi je vous le dis
Ne croyez pas en un bonheur illusoire
Qui ne vous rapporte que des cris
Car tout disparaît dans le noir.

Moi qui suis si malheureux
Moi qui ne peut aimer
Moi qui veut te rendre si heureux
Moi qui de fait que délaisser.

Moi je vous le dis
Il ne faut penser qu'à soi
Et non vivre sur des on-dis
Car je ne fais que ce qui est bon pour moi.

Sel Reiht
1967 
 

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Travailler

Travailler pour gagner quelque argent
Qui sera dépensé pour rien
et qui ne servira à aucun talent
Pour ne faire partie que d'une suite sans fin.

Travailler à la sueur de son front
Pour grossir son compte de banque
Et que les billets s'en vont
Dans une ruineuse dépense.

Travailler dans la poussière
Qui nous salie physiquement et moralement
Mais où es-tu jolie boursière
Qui m'aime si sordidement.

Travailler pour un autre
Qui s'accroît une jolie fortune
Sans s'occuper de l'apôtre
Qui cause notre infortune.

Travailler malgré notre amertume
Devant ce monde si mécaniser
Où règne l'argent et la servitude
Pendant que la nuit nous a déjà volcaniser.

Sel Reiht
1967 
 

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Paroles

On nous dit de se tenir tranquille
Mais on nous enseigne la mauvaise action
Alors que nous espérons vivre tout paisible
Dans l'ombre d'une saison.

Peut-être puis-je t'aimer
Mais pourquoi réfléchir
Quand on ne peut que rêver
Au passé et à l'avenir.

Je sais que viendra un jour
Où on ne pourra plus s'aimer
Mais peut-être qu'avec un tour
Nous pourrons nous pardonner.

Viendras-tu me consoler
Lorsque je serai si seul
Et que je ne ferai que pleurer
Devant notre beau tilleul.

Je sais que tout est fini entre nous
Mais j'espère encore
Que tu m'inviteras dans ton chez-vous
Pour défier notre mauvais sort.

Sel Reiht
1967 
 

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Devons-nous

Devons-nous toujours nous mentir
Lorsque vient le temps de se dire que l'on s'aime
Ou bien devons-nous souffrir le martyr
Pour finir à en revenir au même.

Devons-nous nous abandonner à la solitude
Lorsque vient le temps de montrer notre amour
Ou bien devons-nous souffrir de servitude
Pour vivre si haut dans notre tour.

Devons-nous pleurer notre malheur
Lorsque vient un temps de séparation
Ou bien devons-nous rire de bon coeur
Devant la grandeur de notre union.

Devons-nous toujours nous isoler
Lorsque vient le temps de faire notre déclaration
Ou bien devons-nous rêver
Pour mieux éclairer notre situation.

Sel Reiht
1967 
 

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Penser

Penser que sous un ciel bleu
J'ai perdu ma vie à rêver
De joie et de jeu
Alors que tu voulais m'aimer.

Penser que dans ma vie si brève
Je n'ai rien pu te dire
Sans pause et sans trêve
Alors qu'il est si facile de se contredire.

Penser que même dans mes jeux
Je n'ai rien inventé
Pour nous unir nous deux
Alors que je ne savais même pas chanter.

Penser toujours à une certaine situation
Qui me prive de ton corps
Même lorsque nous sommes pris de passion
Et que je t'aime encore.

Penser pour toi et moi
Penser à toi et à moi
Penser à soi.

Penser pour nous deux
Penser à mes jeux
Penser aux amoureux.

Sel Reiht
1967 
 

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Saison

Ma vie est triste
Car je n'ai su te voir
Quand passa mon idée d'artiste
Qui me prit comme un devoir.

Le vent me glace
Et j'attend encore
Même si je dois périr sur place
Ainsi je dois subir mon sort.

L'été est passée
Sans que je puisse la vivre
Mais toujours cette petite pensée
Se taire et ne pas sourire.

L'automne a tout tuer
Ainsi que moi et mon amour
Je reste là sans pleurer
Parce que je n'ai su attendre mon tour.

L'hiver me ranime
Avec sa neige et sa joie
Et avec tout ce qui se termine
Avec son velouté de soie.

Le printemps m'isole
Car tout le monde veut le voir
Alors que je suis en beau sibole
Avec ma peine et mon désespoir.

L'année est passé
Mais moi je reste indifférent
À cause d'une sotte pensée
Qui me dit : Va-t-en !

Sel Reiht
1967 
 

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